Brossage de la peau et massage

Le brossage de la peau et le système lymphatique

Tout le monde connait le système veineux du corps (capillaires, veines, artères par ordre de grandeur). A l’instar du système veineux chargé d’apporter oxygène et nutriments à chacune de nos cellules, nous possédons dans notre corps un second système, parallèle au système veineux, chargé d’emporter les déchets, toxines et cellules mortes hors de l’organisme vers les émonctoires (portes de sortie): c’est le système lymphatique.

Le système lymphatique est constitué  de liquide interstitiel (lymphe) qui baigne chaque cellule, de vaisseaux lymphatiques remplis de lymphe qui parcourent tout l’organisme et de ganglions lymphatiques, véritables entrepôts de stockage des déchets.La lymphe est un liquide épais et visqueux, non propulsé par le cœur comme le sang. Pour que la lymphe circule, le corps doit se mettre en mouvement et c’est là que réside, entre autre, toute la nécessité de faire une activité physique régulière pour faire bouger notre lymphe et donc évacuer nos déchets.

système lymphatique

système lymphatique

Hormis l’activité physique, un autre outil intéressant pour activer la circulation de la lymphe, comme celle du sang, est le brossage de la peau.

Le brossage de la peau s’effectue à l’aide d’une brosse en « poils » végétaux ou animaux.

trois tailles de brosse

trois tailles de brosse

Le brossage du corps entier prend environ 1/2 heure mais on peut choisir, si peu de temps disponible, de ne brosser que le visage, que les jambes, etc…Le brossage se pratique sur une peau sèche, par mouvements rotatifs, en allant vers les ganglions lymphatiques situés principalement  au niveau du cou, au milieu du thorax, aux articulations du coude, de l’épaule (aisselle), du genou, de la jambe (aine) et au niveau de l’abdomen.

Etapes à suivre (voir schéma du corps avec système lymphatique ci-dessus)

. Pour les jambes, commencer par brosser les doigts de pied, le dessous et le dessus du pied, la cheville, toujours en mouvements rotatifs, de bas en haut, puis brosser (lisser) de bas en haut, du doigt de pied à la cheville, sur toute la surface du pied. Quand le pied est brossé, brosser en mouvements rotatifs le mollet sur toutes ses faces, jusqu’au genou, en remontant de bas en haut, puis lisser, toujours de bas en haut. Quand le pied et le mollet sont brossés, brosser en mouvements rotatifs la cuisse sur toutes ses faces, jusqu’à l’aine, en remontant de bas en haut, puis lisser, toujours de bas en haut.

Procéder ainsi pour les deux jambes.

. Pour les bras, commencer par brosser les doigts de la main, le dessus de la main, la paume, le poignet,  en mouvements rotatifs, de bas en haut, puis brosser (lisser) de bas en haut, du doigt au poignet sur toute la surface. Ensuite faire de même pour l’avant-bras et le haut du bras jusqu’à l’aisselle.

. Pour le visage, procéder sur la partie droite du visage puis sur la partie gauche. Commencer par brosser le front, en mouvements rotatifs, cette fois de haut en bas, en descendant sur la joue, la mâchoire et le cou, puis lisser de haut en bas, du front au cou. Brosser le nez, le tour de la bouche.

. Pour le dos, brosser par mouvements rotatifs les épaules, du cou vers l’aisselle. Brosser la partie haute du dos jusqu’à la taille, en partant du milieu du dos (colonne vertébrale) vers les côtés. La brosse à manche long est indispensable si vous procédez seul(e). Puis lisser de l’épaule à l’aisselle, de la colonne vertébrale à l’aisselle.

Le devant du thorax est fait en sens inverse puisque les ganglions lymphatiques se trouvent au milieu du thorax. Brosser en mouvements rotatifs du bras vers le milieu du thorax, brossage doux sur les seins, de la pointe du sein vers l’aisselle pour le côté externe et de la pointe du sein vers le milieu des seins pour le côté interne. Lisser de même.

. Pour le bas du dos, brosser par mouvements rotatifs,de haut en bas, de la taille vers les fesses, puis de la colonne vertébrale vers les côtés et l’abdomen. Lisser de même. Brosser les fesses.

. Pour l’abdomen, brosser par mouvements rotatifs du côté vers le nombril, puis lisser,  puis brosser autour du nombril, puis lisser de haut en bas, des seins vers l’aine.

Le brossage est complet.

Vous aurez compris que le but du brossage est de faire remonter la lymphe des extrémités vers les zones de stockage de déchets que sont les ganglions. Le brossage active en même temps la circulation veineuse puisque les vaisseaux sanguins et lymphatiques sont côte à côte, et il permet une meilleure élimination des peaux mortes donc une peau plus saine et douce, d’où de multiples avantages. Le brossage peut être quotidien. En cas de peau irritée, pratiquer un brossage le plus doux possible, avec des poils les plus doux possibles, mais ne vous privez en aucun cas de cet outil.

Les massages

Les massages sont connus et utilisés depuis la nuit des temps mais nous les avons redécouvert, nous Européens, comme un outil de santé il y a une ou deux décennies seulement. Face à un stress en augmentation avec toutes ses conséquences sur la santé, le recours aux massages est un bienfait.

Le brossage de la peau que je viens de décrire s’apparente à un massage. Son effet est tonique et il est à privilégier le matin.

Il y a aussi le massage hydrique utilisé pendant les cures thermales. L’hydrothérapie est une source de bienfait pour tout l’organisme; elle stimule la circulation veineuse, lymphatique, a un pouvoir relaxant et bien sûr hydrate le corps (1).

Le massage manuel a largement mérité sa place dans les soins naturels. Il a l’avantage d’être accessible à tous puisqu’il suffit d’avoir quelques connaissances (comme pour le brossage de la peau) sur la façon de procéder. Le schéma ci-dessus du système lymphatique peut vous y aider. De nombreux petits livres existent pour en découvrir toutes les vertus.

Masser son enfant, son compagnon, sa compagne, apporter de la détente est à la portée de toutes et tous. C’est un outil trop souvent négligé dans le soin à l’autre et il vaut largement mieux que toutes les drogues pharmaceutiques que l’on prend pour dormir, pour se détendre, …

Il faut savoir que le massage manuel a un atout particulier supplémentaire: il favorise dans le corps la production d’ocytocine, que l’on appelle souvent l’hormone du plaisir mais qui est surtout l’hormone de l’adaptation au stress et qui régule le niveau de sensibilité à la souffrance. L’ocytocine est produite par la glande pituitaire située dans la partie cervicale.

Nous sommes à l’heure actuelle des organismes très congestionnés surtout dans la partie intestinale mais autant dans la partie cervicale. Qui dit partie cervicale congestionnée dit système endocrinien(ou hormonal), dont la pituitaire, congestionné. L’atout du massage sera aussi de relancer la production d’hormones. Quand on sait que la fonction hormonale régule absolument toutes les fonctions, volontaires ou involontaires, du corps humain, on comprend la valeur de tout ce qui peut la favoriser. Les massages en font partie.

(1) L’hydratation du corps est souvent mal comprise. Apporter de l’eau au corps ne résout pas le problème de la déshydratation. Un corps déshydraté est un corps acidifié et non un corps en manque d’eau. La seule solution est dans l’apport maximum de minéraux au corps par une alimentation riche en nutriments (fruits mûrs et juteux, légumes colorés et mûrs mangés crus, jus de fruits maison et légumes verts).

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Les outils à adopter au quotidien pour une meilleure santé: plantes et jus

En tant que naturopathe hygiéniste, de formation récente, et après avoir expérimenté sur moi-même et mes proches, je suis à même de vous proposer une belle palette d’outils naturels, peu onéreux et très simples à mettre en place pour retrouver ou préserver votre santé, alliés à une nourriture basée principalement sur les fruits et les légumes crus.

Aujourd’hui je traiterai les plantes et les jus pour la reminéralisation. Puis nous verrons le brossage de la peau et  les massages pour aider le système lymphatique, la respiration et le Qi Gong pour aider le système nerveux, le jeûne partiel pour aider la détoxination du corps, l’activité physique idéale et bien d’autres choses encore!

Les plantes et les jus

Les plantes, en infusion, en décoction ou en macération (se reporter à mon article « la préparation des tisanes » pour plus de détails) ont toujours fait partie de la pharmacopée de nos aïeux mais aussi de leur consommation quotidienne en tant que légumes feuilles. Ce que nous appelons « plantes médicinales » aujourd’hui (avec toutes les craintes de surdosage au vu du terme « médicinal ») sont en réalité les légumes d’autrefois, cultivés ou sauvages.

Nous avons perdu ce geste ancestral de cueillir et consommer les plantes sauvages quand nous nous sommes éloignés de la nature. Les variétés de plantes anciennes cultivées ont été tellement transformées génétiquement, sous le prétexte d’augmenter le rendement et d’éradiquer les maladies (propos fallacieux, on le sait maintenant), qu’elles ne contiennent plus grand chose des principes actifs d’antan.

Aussi il nous faut retrouver l’ancien mode de vie, cultiver (si l’on a un jardin) les plantes dites « médicinales » souvent très faciles à vivre, parfois même envahissantes (romarin, menthe, mélisse, alliaire, thym, serpolet, origan, sauge …) riches en chlorophylle, en principes actifs et d’une fraîcheur sans égale, à rajouter dans les salades, les plats et les tisanes sans modération (les risques d’intoxication sont nuls).

Les jus sont un moyen habile et infiniment agréable pour les papilles d’augmenter notre consommation de fruits et légumes et ainsi d’assimiler facilement une plus grande quantité de nutriments indispensables à notre santé.

A l’aide d’une centrifugeuse (à partir de 50 euros) ou mieux, mais moins accessible, à l’aide d’un extracteur de jus (à partir de 300 euros), beaucoup de fruits et légumes donnent le meilleur d’eux-mêmes avec une palette sans cesse renouvelée de saveurs et d’odeurs. La pomme est une base indispensable à tous les jus, puis à chacun selon son goût, son humeur, son budget et la saison de rajouter fruits juteux (poire, pêche, fruits rouges, melon, pastèque, kiwi, orange, mandarine, clémentine, ananas, …), légumes juteux (poivron rouge, betterave crue, céleri-branche, concombre, carotte, …), épices (petits morceaux de gingembre, curcuma, jus de citron,…) et plantes sauvages, feuilles avec l’extracteur de jus seulement (épinard, bette, chou en petite quantité, salade, cresson, persil, basilic, menthe, ortie…). Trois ou quatre ingrédients au maximum sont utiles pour chaque jus; le mélange de saveurs multiples « tue » le goût au final. A expérimenter sans réserve!

La consommation de fruits et légumes issus de l’agriculture biologique est à privilégier, bien sûr, mais il n’est pas question de s’en priver dans le cas où aucune source de produits bio n’est à proximité ou dans le cas d’un budget serré. D’où la nécessité (pour ceux et celles qui possèdent un coin de jardin) de réappprendre à semer, planter pour notre consommation personnelle, en toute autonomie.

Les arbres fruitiers sont à privilégier plutôt que les arbres décoratifs, surtout les arbustes à fruits rouges, très prolifiques et demandant peu d’entretien et peu de place comme les groseilliers, les cassissiers, caseilliers,  framboisiers,… Dans notre jardin laissons une petite place aussi aux plantes spontanées bienfaitrices comme le pissenlit, l’ortie même si elles ont tendance à nous envahir. Et puis quelques plantes aromatiques protégeront le potager et nous aideront à passer l’hiver. La saison des plantations va commencer bientôt, je vous souhaite de bons travaux de jardinage dans le respect de Dame nature!

A bientôt pour un prochain épisode.

Pascale

 

La sauge et le tilleul

Pour clore le chapitre des plantes à utiliser en période hivernale, je termine par deux plantes majeures, la sauge et le tilleul.

La sauge (salvia qui vient de salvare en latin « guérir »), ou herbe sacrée, de la grande famille des labiées médicinales comptant plus de 500 espèces, est un sous-arbrisseau de 20 à 70 cm de hauteur qui pousse à l’état spontané dans tout le midi de l’Europe, dans les coteaux et rocailles arides de la région méditerranéenne. Très cultivée, même dans le nord de la France, elle survit à de très faibles températures et fleurit en juillet, se parant de grosses fleurs bleu-violet caractéristiques.

Sauge en fleur

Sauge officinale en fleur

Il existe plusieurs types de sauge. La sauge officinale, sauvage ou cultivée, est la plus couramment rencontrée. Elle figurait dans la plupart des jardins des monastères au IXème siècle puis ensuite dans les jardins des paysans. « Sauge au jardin éloigne du médecin » ou « pourquoi mourrait-on lorsqu’on cultive la sauge, si ce n’est qu’aucune plante des jardins n’est assez forte contre la mort? », ces maximes montrent à quel point les vertus médicinales de la sauge étaient appréciées.

Il existe aussi, entre autres,  la sauge des prés, ou germandrée sauge des bois, que l’on rencontre à l’état sauvage dans les lieux humides (bords de rivières et d’étangs), la sauge verveine, sauvage et beaucoup moins utilisée et la  sauge sclarée  ou sclarée,  plus décorative et d’odeur plus agréable que les autres sauges. La sclarée était aussi renommée que la sauge officinale et portait le surnom de Toute-bonne. Dépassant 1m avec de longs épis de fleurs allant du rose au violet, elle était cultivée pour sa beauté et ses vertus.

germandrée sauge des bois

germandrée sauge des bois

File:Sauge1.jpg

sauge sclarée

Toutes ces différentes variétés de sauges ont les mêmes propriétés. Elles sont:

. stimulante (accroît l’énergie des fonctions organiques et active la circulation) contre la neurasthénie et le surmenage

. tonique, digestive, calme les vomissements spasmodiques, les diarrhées

. diurétique (augmente le volume des urines pour une meilleure élimination) contre l’œdème

. antispasmodique (calme les convulsions, les spasmes, les états nerveux, enraye les catarrhes, les toux)

. fébrifuge (calme la fièvre)

. antiseptique (s’oppose au développement des microbes) et astringente (resserre les tissus) arrête les hémorragies

. antisudorale (limite la transpiration) contre les sueurs nocturnes

. hypoglycémiante (abaisse le taux de sucre dans le sang) pour les diabétiques

. emménagogue (provoque l’apparition des règles et calme les pertes utérines, favorise la conception), effet de normalisation

. résolutive et vulnéraire (facilite la cicatrisation et la guérison des plaies) contre les maux de dents et gencives

On se sert de la sauge contre la goutte, le rhumatisme chronique, les maux de tête d’origine digestive et nerveuse, les aphtes, les amygdalites,…Devant tant de vertus thérapeutiques, pourquoi se priver de la sauge?

Mode d’emploi

. infusion: 1 à 2 feuilles pour une tasse style mug, 1 tasse après chaque repas (digestif et tonique), 1 tasse au coucher (sueurs nocturnes et asthénie), pour bains de bouche et gargarismes (aphtes, maux de gorge)

. frictions de feuilles fraîches ou poudre de feuilles sèches sur dents et gencives (protège des caries et infections)

. Vin: 1 litre de vin bouillant sur une poignée de feuilles, laisser infuser une demi-heure, sucrer au miel et filtrer. 3 cuillerées à soupe par jour comme fortifiant et au coucher contre les sueurs nocturnes, comme cicatrisant sur les plaies, ulcères, hypoglycémiante

 

Le tilleul est un de nos plus beaux arbres indigènes (originaire d’Europe) avec sa haute stature (de 15 à 20 m), ses feuilles en forme de cœur, ses fleurs odorantes. Il existe trois sortes de tilleuls: le tilleul des bois ou tilleul mâle (à petites feuilles bleuâtres en dessous) qui est sauvage, le tilleul de Hollande à feuilles vertes en dessous et le tilleul à grandes feuilles, dit tilleul femelle, présent surtout dans la région parisienne, l’est et le centre.

La longévité des tilleuls est remarquable, 400 ans et plus. Leur pouvoir de régénération aussi, certains tilleuls décapités pendant une tempête voit leur tête repousser. Le tilleul le plus vieux en Basse Bavière dans le village de Ried est estimé à 1 000 ans (1) et le tilleul de Linn en Suisse est âgé de 600 ans.

Le tilleul fleurit abondamment en juin/juillet et embaume littéralement. Son nectar est très prisé des abeilles. On se sert surtout de ses fleurs avec la bractée en infusion, mais aussi de ses feuilles et de son écorce.

Vertus thérapeutiques

les fleurs sont antispasmodiques et calmantes (contre les troubles nerveux, l’asthme, la migraine, la toux), sudorifiques et diurétiques (mauvaises digestions, vertiges, refroidissements, grippes, bronchites, maux de reins et de vessie, courbatures, coliques), prévient l’artériosclérose (fluidifie le sang), calmantes et adoucissantes.

Les feuilles et la seconde écorce (liber) en décoction sont émollients et adoucissants grâce à leur abondant mucilage (contre les diarrhées,  gastro-entérites,  douleurs de la goutte, sur les furoncles, brûlures, plaies, dartres, hémorroïdes).

Mode d’emploi

. infusion de fleurs, ou fleurs+bractée: une poignée de fleurs pour une tasse style mug, 3 à 4 tasses par jour entre les repas

. décoction de feuilles et de seconde écorce: 5 à 10 g par litre d’eau pour l’usage interne (en boissons ou en lavements) et 50 à 100 g par litre d’eau pour pansements (plaies), bains de bouche, gargarismes et bains (convulsions, convalescence)

. essence homéopathique préparée avec les fleurs fraîches contre les rhumatismes, l’urticaire, les maux de vessie et de reins

(1) « Tour du monde en 80 arbres » Thomas Parkenham

Source: « Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France » Paul-Victor Fournier,première édition en 1947, édition Omnibus, 2010, préfacée par Clotilde Boisvert, fondatrice de l’Ecole des Plantes de Paris