L’ortie et la prèle

L’ortie et la prèle sont les deux plantes majeures dont on peut se servir toute l’année pour se reminéraliser, principalement l’ortie puisqu’elle pousse en tout lieu et en toute saison (hors gel) et se prête à toutes les utilisations (infusions, cuite comme les épinards, crue hachée dans les salades).

L’ortie est une plante vivace, haute de 50 cm à 1 m, abondante dans tout sol riche en azote (décombres, chemins, jardins) et sa propagation par sa racine rampante la rend parfois envahissante. Munie de multiples poils rigides urticants sous les feuilles (uniquement), elle inflige une désagréable brûlure (acide formique) à celui ou celle qui ne prend pas la précaution de mettre des gants ou de la tenir fermement par la tige sans toucher le dessous des feuilles. Une fois sèche, elle ne pique plus. Malgré cela on peut dire que l’ortie est l’amie de l’homme et elle sait se faire pardonner par ses innombrables vertus.

ortie piquante

ortie piquante

Vertus thérapeutiques externes et internes

. anti-inflammatoire (1) contre les douleurs rhumatismales, l’arthrite, l’inflammation des voies urinaires et de la prostate

. diurétique (augmente le volume des urines pour évacuer les déchets) et dépuratif dans le cas d’eczéma, de psoriasis et pour éviter la formation de calculs rénaux

. astringente (resserre les tissus) pour soigner les hémorragies (règles trop abondantes, saignements de nez), résolutive et détersive pour soigner les ulcères, les plaies enflammées, les tumeurs, les suppurations

. nutritive et minéralisante par sa richesse en protéines, chlorophylle, acides aminés, vitamines, sels minéraux et oligo-éléments: sept fois plus de vitamine C que l’orange, deux fois et demi plus de fer que les épinards, autant de calcium que le fromage et énormément de vitamine A (pour la vue, la peau et le système immunitaire)

. enrichit l’organisme en globules sanguins (accroît la teneur du sang en hémoglobines)

. antidiarrhéique et régulateur du transit intestinal, antidiabétique

. digestive (graines) contient de la sécrétine qui est le meilleur stimulant stomacal, pancréatique, biliaire et intestinal

Mode d’emploi

. infusion ou décoction des feuilles: une grosse pincée de feuilles séchées pour une tasse style mug à boire entre les repas ou avant les repas 3 fois/jour

. gargarismes: décoction de feuilles contre les amygdalites, aphtes et inflammations des gencives

. compresses de feuilles fraîches écrasées sur les plaies, les ulcères

. décoction de racine: 20 g pour un litre d’eau, à boire en deux jours entre les repas, pour son effet diurétique et dépuratif (peau, vessie, reins)

. macération de racine dans l’alcool: 60g de racine d’ortie et 60g d’origan pour un litre d’alcool, à laisser au soleil pendant une quinzaine de jours, 3 cuillères à soupe du mélange dans 1/4 l d’eau, en lotion pour la repousse des cheveux et contre les pellicules (minéralise le cuir chevelu)

L’ortie séchée sert également de fourrage pour le bétail et les volailles depuis très longtemps et offrait la nourriture aux populations préhistoriques. Ses tiges fibreuses servaient à faire des liens et du tissu, ce même tissu a d’ailleurs été utilisé pendant la seconde guerre mondiale pour fabriquer des toiles de tente, des sacs, liens, cordes et même des chaussettes! Quand je vous disais que l’ortie est l’amie de l’homme…

La prèle  est une plante vivace, de la famille des fougères, qui se propage par sa souche ancrée très profondément dans la terre et qui nous vient de temps immémoriaux. C’est une plante cryptogame, c’est-à-dire sans fleur, limitée à une tige dressée, rigide et striée, cylindrique et verte. Elle préfère les lieux humides ou même l’eau peu profonde. En mars/avril elle produit des tiges rougeâtres fertiles,  sans pigment vert, qui disparaissent, et en mai/juin des tiges stériles, vertes et ramifiées.

Nous trouvons surtout deux types de prèle, la prèle à polir (tige seule) assez rare et la prèle des champs (tige et rameaux). Riche en silice, la tige est abrasive et servait à polir le bois et les métaux.

prèle des champs

prèle des champs

prèle à polir

prèle à polir

Vertus thérapeutiques

. La prèle est un puissant diurétique (augmente le volume des urines pour faciliter l’évacuation des déchets) dans les maladies des reins et de la vessie

. un hémostatique remarquable contre les hémorragies et les vomissements de sang

. un réparateur des tissus, grâce à la silice (2), dans le traitement des plaies et ulcères (cicatrise)

. un reminéralisant de premier ordre (notamment dans le traitement de la tuberculose)

Malgré son aspect primitif, la prèle a donc des vertus immenses comparables à l’ortie.

Mode d’emploi  (des tiges vertes)

. Décoction: faire bouillir 30 g de tiges sèches dans 1/2 l d’eau, à prendre en 3 fois dans les 24h (diurétique et minéralisant)

. poudre de tiges séchées: 1 g avant chacun des deux repas principaux (anti hémorragique interne)

. Lotions avec la décoction contre les inflammations des yeux, compresses avec la décoction sur les plaies, les contusions, eczéma, en bains de pieds ou de mains contre la transpiration (avec de la sauge à parts égales)

(1) L’inflammation est la réaction de l’organisme qui vient littéralement « manger » les déchets acides accumulés, dans les articulations par exemple. Quand il y a inflammation, il y a acidose de l’organisme. La seule solution est de revenir à une alimentation physiologique (fruits, légumes crus, noix, baies), avec les tisanes pour aider le travail du corps.

(2) On reconnait « à la silice à l’état colloïdal la faculté d’accroître l’élasticité et la résistance de la peau et celle de la reconstituer sur les escarres et les ulcères des membres inférieurs » G.P. Unna

Sources:

« Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France » Paul-Victor Fournier, édition Omnibus, 2010, préfacé par Clotilde Boisvert, fondatrice de l’Ecole des Plantes de Paris

« Petit Larousse des plantes médicinales » Gérard Debuigne et François Couplan, Edition Larousse et France Loisirs 2009,

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