L’alchémille et l’achillée millefeuille

L’alchémille commune est une plante vivace, légèrement rampante,de 10 à 20 cm, aux feuilles arrondies bordées de nombreux lobes dentés, d’un vert très clair. On la trouve à l’état sauvage dans les prés humides, les bois frais et clairs, les pâturages dans toute l’Europe. Elle est cultivée également dans nos jardins où elle résiste très bien à la chaleur comme aux gelées, avec une croissance modérée et sans entretien particulier.

fleurs alchémille

fleurs alchémille

 

Après la pluie ou tôt le matin , une goutte de pluie ou de rosée mêlée à l’eau végétale secrétée par la plante reste au creux de chaque feuille, nommée « eau céleste » par les alchimistes autrefois. L’aspect ample des feuilles de l’alchémille lui vaut le surnom de « manteau de Notre-Dame ». La plante fleurit en été en bouquets vaporeux de minuscules fleurs jaunes portés par une tige dressée. On la fait sécher en entier à l’ombre, sans trop la secouer pour ne pas effriter les fleurs.

Vertus thérapeutiques internes

Toute la plante (fleurs, feuilles, racine) est astringente (resserre les tissus), tonique (action tonique sur l’ensemble des organes), stomachique (favorise les fonctions de l’estomac), diurétique (augmente le volume des urines pour une meilleure évacuation des déchets) et surtout hémostatique (arrête l’écoulement du sang dans les hémorragies).

En premier lieu l’alchémille est à conseiller en hiver pour ses fonctions diurétique et tonique. Privés de soleil et avec une activité physique moindre, notre organisme élimine moins bien les déchets, la congestion augmente et les organes ont besoin d’aide pour fonctionner au mieux.

En second lieu,panacée de l’organisme féminin, on l’utilise depuis toujours contre les douleurs menstruelles, utérines et les suites des accouchements (lésions internes), contre la leucorrhée (pertes blanches), l’épuisement nerveux et pour améliorer l’ensemble de la constitution (influence d’ensemble sur les fonctions glandulaires). L’alchémille est une aide très précieuse pour les femmes de tous les âges (puberté, suite d’accouchement, ménopause mais à éviter pendant la grossesse) et est aussi malheureusement méconnue.

Enfin, son astringence la recommande dans les diarrhées (infusion).

Vertus thérapeutiques externes

La plante entière est cicatrisante sur les plaies, résolutive (propre à ramener les tissus à leur état normal), en lotions et collyres contre les conjonctivites (utiliser la plante en décoction)

Mode d’emploi

. infusion: une à deux pincées de plante séchée par tasse style mug, 3 tasses par jour avant ou entre les repas

. décoction pour l’usage externe : mêmes proportions que pour l’infusion (voir mon article « préparation des tisanes » pour la marche à suivre)

Nota bene: la meilleure façon de préparer les plantes est la macération. Mettre les plantes dans l’eau froide (dans un récipient en verre ou en terre ou émaillé) la veille et laisser macérer toute la nuit. Le matin filtrer le tout. A utiliser pour usage externe (lotion, collyre) ou interne comme une infusion en faisant tiédir si nécessaire.

 

L’achillée millefeuille (ou herbe à la coupure, saigne-nez) est une plante sauvage si répandue que l’on n’a jamais eu besoin de la cultiver. Facilement reconnaissable à ses feuilles très longues et composées de mille lanières, on ne peut la confondre avec aucune autre. A découvrir et expérimenter sans modération!

feuilles achillée millefeuille

feuilles achillée millefeuille

Les tiges dressées hautes de 20 à 80 cm s’ornent en été et en automne de panicules de fleurs blanches ou rosées d’odeur agréable (plante aromatique), la racine rampante colonise facilement de vastes étendues (prairies, bords des chemins, sur les talus, dans les jardins, même le bord des routes en villes). Plante médicinale connue et employée depuis la nuit des temps (préhistoire), Dioscoride (1er siècle) déclarait l’achillée millefeuille « d’une efficacité incomparable contre les plaies saignantes, les ulcères anciens ou récents ». Des rites magiques entouraient sa récolte et son emploi chez les Celtes et les peuples du nord.

fleurs achillée millefeuille

fleurs achillée millefeuille

Vertus thérapeutiques

. tonique amer: action rapide sur le cœur et le système nerveux, sur les maladies de la rate et du foie, sur les reins (expulsion des calculs rénaux) et la vessie, contre les troubles digestifs

. astringente et hémostatique: contre les hémorragies, la leucorrhée (pertes blanches), les diarrhées, les hémorroïdes

. dépurative: contre les dartres et l’acné, purifie le sang

. décongestionnante et analgésiante: contre les hémorroïdes, les fissures anales, les gerçures du mamelon (allaitement), les maux de dents (feuilles et racines mâchées)

.emménagogue: contre les troubles menstruels et pour favoriser la venue des règles

En externe, seule l’infusion est à privilégier (plaies), la plante fraîche pouvant provoquer une inflammation de la peau chez certaines personnes.

Mode d’emploi

. infusion: à ne préparer qu’en petites quantités (noircit rapidement); une à deux pincées de feuilles et fleurs (fraîches ou sèches) par tasse style mug, 1 à 3 tasses par jour avant ou entre les repas

. suc frais (extracteur de jus indispensable): en externe sur ulcères, crevasses et hémorroïdes

. décoction pour lavements (leucorrhée)

. pommade: (pour applications sur hémorroïdes et ulcères) mélanger à proportions égales le suc frais de la plante avec une huile végétale et de la cire d’abeille.

. en homéopathie on utilise l’achillée millefeuille contre la congestion cérébrale, les vertiges, les larmoiements, les inflammations des yeux, les douleurs d’oreilles, les fractures et les vers.

. dans les salades, au printemps, utiliser les jeunes feuilles d’achillée millefeuille à la façon du persil et les fleurs dans les desserts à la façon de la vanille

Sources: « Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France » Paul-Victor Fournier édité en 1947, préfacée par Clotilde Boisvert, fondatrice de l’Ecole des Plantes de Paris, édition Omnibus, 2010

« Petit Larousse des plantes médicinales » Gérard Debuigne et François Couplan, édition Larousse 2009, réédité par France Loisirs 2010

 

 

 

Publicités